Le 29 juin dernier je prenais part au triathlon Ironman de Nice, ma 8ème participation à un triathlon sur cette distance (3.8 km de natation/180 km de vélo/42 km course à pied).

La préparation a été optimale, je tiens d’ailleurs à remercier Renaud Meilland pour le travail accompli grâce à lui, pas de gros bobos à l’entraînement, une montée en puissance au fil des mois, des courses préparatoires avec des résultats corrects notamment sur la partie course à pied.

Tout était donc réuni pour faire une belle course, l’objectif était clair (même si selon certains un peu sous estimé) : terminer l’épreuve entre 10h et 10h15. Ce qui impliquait une natation en 1h, un vélo en 5h30 et une course à pied en 3h30.

Je me place dans le second box de départ, en troisième rideau, le départ se passe quasiment sans encombres, un peu de dérive sur les 100 premiers mètres à cause du courant. Les bouées sont super visibles, pas de soucis pour se diriger. Je nage avec BeeGees sur une bonne partie du premier tour puis je le perds de vue à la sortie à l’australienne, le second tour est un peu plus lent (30’33 vs 28’56) mais c’est parce que j’ai observé Yogui sur les 800 derniers mètres… ;-)

Je sors de l’eau en 59’29, transition moyenne et je monte sur mon vélo, dès les premiers kilomètres, je trouve que quelque chose ne tourne pas rond, j’ai l’impression que ma selle est trop basse. Elle n’est pourtant pas descendue mais les quelques changements (selle, potence et ajout d’un clip-on) opérés il y a quelques jours et qui n’ont pu être validés expliquent peut être cela. Je vois Yogui à 25 mètres devant environ et j’essaye de le garder en ligne de mire, je reviens sur Ginette et BeeGees mais pas bien longtemps. Je ne m’affole pas, la journée sera longue et je préfère être en sous régime sur ce début de course pour pouvoir accélérer après le Col de l’Ecre.

Au bout de 2h de course, je sens comme un coup de moins bien, les jambes un peu en coton, je m’alimente davantage et m’aperçoit que ma boisson est sous-dosée, j’attends le 40ème km pour recharger avec les bidons de l’organisation. 15’/20’ plus tard, je suis mieux, je profite d’ailleurs du fait que Linda G. me double dans le col de l’Ecre pour la suivre à distance afin de me relancer, je la double un peu plus tard et l’encourage. Malheureusement quelques mètres plus loin je crève de la roue avant à 4 km du sommet du Col de l’Ecre.

Pas de panique, je sors une chambre à air que j’avais coincé sous ma selle, j’inspecte mon pneu et ne trouve pas la cause de la crevaison, je passe mon doigt : rien, visuellement non plus. Tant pis, j’installe la nouvelle chambre à air et je gonfle à l’aide d’une mini pompe, hélas inefficace pour gonfler à 7/8 bars. Je vois passer un paquet d’athlètes me doubler dont Aurel et Guilhem. Je mets plus de 15’ à réparer pour finalement repartir avec une roue avant pas gonflée de façon optimale, il se met à pleuvoir : super !!

Je suis sur les freins dans la descente qui n’est pourtant pas très sinueuse mais j’ai peur de dérapé de la roue avant, je suis crispé et j’ai froid. Je sors complètement de la course, j’en oublie de m’alimenter régulièrement, j’essaye d’identifier la nationalité des athlètes qui me doublent (j’en déduis qu’il y a pas mal de brésiliens !!). Nel’s revient sur moi, j’échange quelques mots avec lui et je lui souhaite une bonne course. Moins de 3h30 de vélo et mon Garmin 510 m’annonce que la batterie est faible, puis le compteur s’éteins… Bug ou erreur de ma part, je ne saurais pas. Le parcours vélo devient une longue balade, je suis déconnecté de la course…

Je bascule sur la dernière longue descente, il pleut de plus en plus, je vois quelques gars amochés par terre, certains prennent des risques de malade, moi c’est le contraire, mes patins fument tellement je freine. Je kiffe la dernière partie avant de rejoindre Nice, mon envie est revenue, il tombe des cordes et j’adore, les derniers ronds points dangereux sont passés, T2 approche…

La partie vélo est bouclée en 6h01 pour un peu moins de 175 km d’après les traces GPS récoltées ici et là. Ma transition se passe bien, j’en profite pour mettre pieds au sec !

Je m’élance sur la partie course à pied avec des jambes de feu, passage au 10ème kilomètre en 43’09, puis 1h31 au semi !! Mais pourquoi me direz-vous ???? Je suis presque incapable de savoir ce qu’il s’est passé dans ma tête en sortant de T2, mes neurones devaient être impacter par la foudre. Je me souviens quand même m’être dis : allez essaye de tenir le plus longtemps possible…

Sauf que courir à cette allure étais synonyme d’aller droit dans le mur !! Certainement vexé par mon temps vélo, je n’ai pas été en mesure de faire le bon choix stratégique et de courir intelligemment, j’aurais pu « sauver » ma course en courant avec ma tête.

Au 28ème kilomètre, des maux de ventre m'oblige à marcher, malgré un respect des consignes concernant la nutrition sur ce marathon, j’ai peut être un peu forcé sur le coca. Je termine en alternant marche et course jusqu’à la ligne d’arrivée… 3h54’ au marathon.

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© Frogita

L’épreuve s’est finie en 11h04’ à la 596ème place sur un peu plus de 2200 finishers.

Je reste assez déçu sur ma course dans sa globalité, sur ma dernière approche notamment du point de vue du choix de matériel et des changements de dernières minutes, sur mes choix stratégiques en course bien entendu, sur mon renoncement face à la douleur, sur ma non-adaptation face à un imprévu... c’est inacceptable et impardonnable avec mes années de pratique.

Que cela me serve de leçon pour le second objectif de l’année, le 5 octobre prochain à Calella.